Presque, car tout de même quelques charters nous font passer en
mode parisien: "appros - GO - dodo", mais après tant de milles
parcourus nous regoutons avec joie au sable blanc et au plaisir
d'un bon bouquin.
Le cadre est splendide, l'eau est à température idéale, les kunas
se sont modernisés mais restent tout à fait gentils, et on fait
même des rencontres sympa, au grand malheur de nos foies
respectifs.
Tout baigne donc, loin de la crise mondiale et des Mc
Donald's.
Les Actualités du moment :
Je profite alors de cette très rare occasion d'être sur Nargana (
village principal de l'ouest des San Blas) juste après le
réparateur officiel de reseau internet ( une aubaine ! ) pour vous
raconter brièvement notre train-train à terre.
Bon, je vais quand même pas en tartiner trois pages, ne vous
inquietez pas, faut pas abuser des bonnes choses.
Nargana n'est en fait qu'un gros village sans grand interêt. On y
fait quelques courses, les pleins d'eau et la lessive. C'est la que
nous avons débarqué, les enfants et moi-même, jusqu'à demain
dimanche.
Timery en a profité pour aller à l'école...Une première !
Résultat, elle s'est é-cla-tée ( ne comprenait absolument rien a ce
que disait le prof, mais levait le doigt comme les autre observant
les autres enfants, faisait semblant de répondre en ouvrant la
bouche alors que les 15 bambins braillaient quelque chose en
espagnol, et se fendait la poire ...)
Antonin, lui, adore jetter des caillous dans l'eau, une vraie
passion; bientôt une nouvelle digue derrière l'hotel ! Il nous fait
chaque soir un exposé "poisson" très emballé, très
enflammé, "poisson" étant à peu près le seul mot de langue
française audible dudit exposé...
La vie à terre au milieu des huttes Kuna n'est pas de tout
repos pour moi ( manque d'entrainement au sprint, c'est qu'ils sont
vifs les bougres ! ) mais eux ont l'air de s'éclater. Le sol du
village est en sable, il y a plein de bestioles ( chats, coqs,
clébards, perroquets, insectes en tout genre, etc...), des enfants
éparpillés partout et pas d'engin à propulsion mécanique....
bref tout pour leur bonheur.
Je dois répèter chaque jour au moins 150 fois "Timely" et "Antonio"
à tous les gosses qui me posent la question du prénom des enfants;
c'est fou, cette manie ! D'ou on viens, qui on est, queudal. Mais
"como se llama?" j'y ai droit à chaque coin de hutte !
Un autre grand moment, les cabines telephoniques ! Il y en a
4, c'est le rdv du village, tout le monde y va sur son 31, ça
papote, ça attend son coup de fil, ça marche une fois sur 15, bref
un excellent test sur ses aptitudes à gèrer ses nerfs. Si tu
arrives avec l'idée que tu dois téléphoner, et qu'en plus c'est
important, passe ton chemin camarade, tu n'est pas prêt, mon frère.
Non, il faut y aller bien zen, en prendre plein les mirettes de
leurs belles tenues colorées et, éventuellement, passer un coup de
fil, si l'on a la chance d'être la au bon moment d'une conjonction
planétaire.... Je tâcherais dans le futur de vous faire une image
qui cause toute seule....
Je passe sur le resto, puisque de toutes façon, si tu veux
autre chose que poulet riz ou poisson riz c'est "no hay", et qu'en
plus il n'y a plus d'oeufs, plus de pain, plus de gaz...bref reste
le fantasme.
L'hotel c'est idem, avec quand même un chiotte-douche dans la
chambre, méga luxe !!! On a en stéréo le combiné musiques - mômes -
téloches - gloussements ( femmes et poules confondues )- débats en
kuna des 5 huttes les plus proches, plus un perroquet nommé
couac-couac qui parle toute la journée et imite à s'y méprendre les
pleurs des bébés...D'ailleurs je m'y méprends tout le temps, adieu
douces siestes dans le hamac :"zut y a Antonin qui pleure, vite,
est-il tombé du lit ?" Ben non, c'est couac-couac, que je verrais
bien finir dans la gamelle de la grosse bonne femme d'à côté
!
Le soir, c'est tellement le souc qu'on s'endort tous les
trois tête bêche dans le hamac, puis rapatriement dans le lit ( ça
s'appelle comme ça ? ) quand on est tous tellement vaseux qu'ils
peuvent brailler tous autant qu'ils sont, on pionce ! Même pas mal,
le générateur de 1500000000000000 watts de l'île à 50 mètres d'ici
!!!!
Malgré tout, le lendemain tout le monde ( nous idem, zaurez
compris qu'à ce niveau la on n'a plus le choix ) se lève à l'aube,
mais dans le fond on a le sourire et eux aussi, c'est ça qui compte
et rend la vie si douce... Et puis il y a un petit plus qui rend
tout le monde vraiment heureux en ce moment...........C'est la
saison des mangues !
Voili voila, vous savez tout, demain retour à bord ( j'exulte
). Trève de plaisante rie, on est loin d'être malheureux, c'est
plutôt assez pittoresque et surtout très authentique.
Enfin, faudrait pas que ça s'éternise...
Le programme à venir : debut mai ( le 5 ) nous devons quitter
le Panama pour Carthagène ( expiration visa ), puis retour aux San
Blas début ou courant juin, cela dépendra des travaux à faire, de
l'humeur du bord et du nombre d'étoiles dans le ciel. Mais pour
sùr, nous devrions retourner aux San Blas juillet et aout. Ensuite,
Pacifique nous voilaaaaaaa................................
D'ici la, on aura le temps de se mettre au jus, promis !
Bon courage a ceux qui bossent du ciboulot et aux autres qui
bossent avec leur musculature. Pour la troisième catégorie, que
dire.......................................Bon vent !
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